Potager du roi à Versailles

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Le Potager du Roi a été construit entre 1678 et 1683 par Jean-Baptiste de La Quintinie, à la demande de Louis XIV. Ouvert sur le ciel, traversé par des lignes droites, c’est un exemple accompli de l’art du jardin français.

 

Pourtant, l’emplacement choisi, peu favorable à l’établissement d’un potager, nécessita des travaux importants. Il fallut en effet assécher le marécage préexistant – « l’Étang puant » – et remblayer le terrain avec une terre de bonne qualité provenant des collines de Satory. La construction des terrasses et des murs fut assurée par l’architecte Mansart.

 

Comme à son origine, le jardin est structuré autour d’une partie centrale, le Grand carré. Celui-ci est divisé en seize « carrés » disposés autour d’un grand bassin, servant de réserve pour l’arrosage. Les « carrés » sont entourés de poiriers palissés en contre-espaliers. Répartis autour du Grand carré et clos de hauts murs, une douzaine de jardins (vingt-neuf au XVIIe siècle) abritent des arbres fruitiers, essentiellement des pommiers et des poiriers.

 

En 1873, l’École nationale d’horticulture est créée au Potager du Roi, on lui confie alors la responsabilité du jardin. Aujourd’hui, l’École nationale supérieure de paysage (ENSP), établissement public sous la tutelle du ministère en charge de l’agriculture, a pour mission de former les paysagistes diplômés d’État et d’assurer la valorisation du Potager du Roi.

 

Classé monument historique en 1926, et partie intégrante du site versaillais inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, le Potager du Roi est ouvert au public depuis 1991. Dans le jardin, les manifestations culturelles rythment l’année.

Danse, expositions, théâtre investissent régulièrement le jardin. Le festival Plastique Danse Flore propose ainsi chaque année une rencontre avec la création contemporaine et les Saveurs du Potager valorisent la diversité de la production des fruits et légumes au début de l’automne.

 

La présence des étudiants paysagistes-concepteurs et la richesse des activités se déroulant au Potager du Roi confèrent à ce jardin une ambiance originale.

 

Neuf hectares de jardin fruitier et potager au cœur de Versailles

 

Le Potager du Roi couvre une superficie d’environ 9 hectares. Il est aujourd’hui plus vaste qu’à sa création puisqu’à la fin du XVIIe siècle y fut adjoint le « clos aux asperges », l’actuel Jardin Duhamel du Monceau.

 

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Jean-Baptiste de La Quintinie (1624-1688)

 

Jeune avocat, Jean-Baptiste de La Quintinie effectue un voyage en Italie qui confirme sa passion pour les plantes. Il expérimente ensuite avec succès les techniques de taille fruitière et de production forcée de fruits et de légumes. En 1670, Louis XIV le nomme directeur de tous les jardins fruitiers et potagers royaux. C’est la consécration pour ce fils de bourgeois charentais. Le Potager du Roi est son chef d’œuvre. Jean-Baptiste de La Quintinie est anobli en 1687.

 

De l’utilité des murs

 

Les hauts murs qui traversent le jardin ont diverses raisons d’être. D’un point de vue productif, la culture des arbres fruitiers en espalier, c’est-à-dire contre les murs, offre des fruits plus gros et bien colorés. De plus, les murs servent à créer une succession de « chambres » abritées multipliant les expositions et permettant de juxtaposer des cultures très diverses. En accumulant la chaleur de la journée et en limitant les baisses brusques de température la nuit, la culture d’arbres fruitiers sensibles au froid (abricotiers, pêchers ou figuiers) est facilitée. D’autre part, la structure même du jardin, ses promenades en terrasse, avec vue plongeante et très théâtrale sur le travail des jardiniers sont intimement liées à la présence des murs.

 

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Le Potager du Roi se donne pour mission de conserver les pratiques de taille à l’ancienne avec plus de 68 formes fruitières différentes.

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30 tonnes de fruits et 20 tonnes de légumes produits chaque année au Potager du Roi.

 

‘Ariane’, ‘Api’, ‘Angelys’, ‘Bon Chrétien d’hiver’, ‘Emma’ et les autres.

 

Environ quatre cent-cinquante variétés fruitières et quatre cents variétés légumières récentes et anciennes sont cultivées au Potager du Roi. En effet, celui-ci a pour ambition de rendre accessible au grand public une large diversité de fruits et de légumes parfois peu connus et souvent rares. Valeur gustative, facilité de culture, intégration dans le calendrier de production, curiosité ou valeur patrimoniale sont les qualités prises en compte par les jardiniers pour sélectionner les variétés.

 

Neuf jardiniers… et des étudiants

 

Les neuf jardiniers, épaulés par des saisonniers en période estivale, sont répartis en trois équipes. L’équipe des cultures fruitières cultive environ cinq mille arbres en espalier, contre-espalier et gobelets divers. Il s’agit probablement de la plus grande collection au monde d’arbres conduits en formes fruitières anciennes. Les jardiniers chargés des cultures légumières occupent principalement le Grand carré et expérimentent des variétés anciennes et nouvelles, locales et étrangères. La troisième équipe embellit le site avec des plantes d’ornement et teste la permaculture. Enfin, fidèle à sa tradition de formation, le Potager du Roi offre aux étudiants un atelier en plein air pour les enseignements artistiques et écologiques.

 

Un jardin en évolution constante

 

Depuis sa création par La Quintinie, le jardin a connu de nombreuses transformations et il continue à changer d’aspect, confortant son rôle historique d’espace d’expérimentation et de démonstration. Le renouvellement des arbres fruitiers, par exemple, est régulier tandis que l’introduction des allées enherbées a commencé seulement dans les années 2000. L’engazonnement répond au souci de diminuer fortement l’utilisation des produits phytosanitaires. Plutôt que de faire la chasse aux adventices* sur des allées en terre battue, une des solutions a été de recouvrir ces dernières de gazon. Dans le même esprit, les jardiniers acceptent et encouragent maintenant la présence de certaines variétés de mouches, de bourdons, de champignons, de bactéries, de mammifères et de plantes selon leur utilité. Considérés comme des accompagnants et non comme des indésirables, ils modifient eux aussi la physionomie du jardin.

 

 

* Adventice: plante qui pousse là où on ne souhaite pas la voir se développer car elle risquerait d'entrer en concurrence avec les plantes cultivées.



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