L'hiver a été tendre mais il a semé la pagaille. Comment faire face à ce dérèglement des saisons ? Faut-il modifier son calendrier d'interventions jardinières ? On connaissait le phénomène de sécheresse ; désormais, c'est le manque de froid qui s'accable dans les jardins. L'hiver dernier était particulièrement clément avec des températures avoisinant les 14°C à La Rochelle ou 11,2°C à Paris, soit 8°C en moyenne au dessus des normales saisonnières en plein mois de janvier. Les anecdotes ont fleuri en même temps que les bourgeons : des magnolias prêts à éclore à Tours, des prunus en fleurs à Reims, de même pour les cognassiers du Japon dans le Gard. « En Bretagne, raconte Roger Rose de Plogonnec dans le Finistère, les dahlias restent en fleurs jusqu'en décembre au lieu de novembre parce qu'ils ne sont pas frappés par le froid. Les fruitiers ont des bourgeons bien développés en janvier ; les feuilles d'hortensia sont tombées après Noël au lieu de la Toussaint ». Exceptionnel ou récurrent ? Le réchauffement climatique, en partie dû aux activités humaines et aux gaz à effet de serre, en est la principale raison. Conséquences : certains jardiniers comme Roger Rose constatent dans leur région un décalage de saison de plus d'un mois et ont choisi d'avancer leur période de taille (lire son témoignage dans Pour nos jardins d'avril). D'autres au contraire, comme Daniel Lys, directeur technique des JDF à Valenciennes (Nord), ne voit pas de raison de changer ses habitudes. « Pas de précipitation ! Un hiver doux n'est pas le signe d'un printemps précoce et doux ! Les gelées printanières d'avril et mai font parfois plus de dégâts et elles se rencontrent tous les ans » (A suivre).
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