Conseillé surtout l'été pour garder fraîcheur et humidité, le paillage est aussi pratiqué en automne pour protéger la terre l'hiver. Céline Delhaye Comme un manteau qui préserverait des intempéries, du froid, du tassement de la terre, le paillage semble séduire de plus en plus de jardiniers amateurs de méthodes naturelles. Hormis le fait qu'il empêche l'érosion des sols, le paillis est un manteau pour les auxiliaires tels que les vers de terre, qui n'auront pas besoin de se nicher profondément dans la terre pour se protéger du froid. Cette couverture forme une excellente réserve de nourriture pour toute cette faune qui, non seulement aère la terre, mais transforme peu à peu le paillage en humus, le futur terreau nourrissant des plantes. Tous ne défendent pas ce procédé et certains préconisent la technique traditionnelle qui consiste à laisser la terre à nue l'hiver. C'est une période propice pour nettoyer le terrain, supprimer les fanes de légumes, les mauvaises herbes. C'est notamment ce que préconise Emmanuel Bastière, intervenant des Jardiniers de France à Lussac-le-Château (Vienne). « L'hiver est une période de repos pour ma terre. Je la laisse volontairement à nue jusqu'en mars, époque où j'enfouis la fumure ». Pour les terres lourdes, le bêchage automnal est l'occasion d'enfouir le compost pour redonner à la terre tous les nutriments puisés par les plantes et surtout d'exposer la terre laissée à nue au froid : le gel élimine la vermine indésirable et sous l'action du froid les mottes éclatent rendant la terre plus friable. A moindre effort « Certes, mais le paillage a un atout de taille : il évite justement de retourner la terre et de tuer cette microfaune ; vous créez ainsi un équilibre entre les auxiliaires et les nuisibles », explique Monique Wachthausen, une adepte du paillage l'hiver. En déposant la couche de paillage sur le sol, la décomposition se fait lentement sans aucun risque de perturber la vie microbienne active qui séjourne dessous ; elle dispose pendant toute la saison froide d'un garde-manger. « En revanche, reprend l'intervenante, en bêchant et en retournant la terre, la faune aérobie (qui a besoin d'oxygène) est placée plus profondément dans la terre et la faune anaérobie (qui n'a pas besoin d'oxygène) est au contact de l'air. Conséquence : vous tuez cette faune logée dans le sol qui travaille à la création de l'humus ».
Le paillage maintient la vie de votre sol, vous assure un sol fertile, améliore la qualité de la terre et facilite la circulation de l'eau et de l'air. Enfin, dernier avantage au paillage, mais pas des moindres, « c'est moins fatiguant », conclut Jacky Liset, intervenant des Jardiniers de France au Bec-Thomas (Eure). « Ce sont les insectes qui retournent la terre, pas moi ! Je ne fais que déposer une couche de matière organique » (A suivre...)
Attention à la faim d'azote ! Un paillage de matières ligneuses (écorce, copeau de bois, branches broyées, etc...) se décompose grâce à l'action de bactéries qui utilisent l'azote du sol dans le processus de dégradation. Le risque est de créer une carence dans votre sol. C'est pourquoi, Monique Wachthausen préconise de disposer la 1ère fois du compost, riche en azote, sous le paillage pour accélérer le processus de décomposition et éviter toute faim d'azote dans le sol. En revanche, attention si vous paillez uniquement avec du compost ; il risquerait de déséquilibrer votre terre ou, en cas de fortes pluie, de polluer les nappes phréatiques avec des éléments riches en nitrates. |
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