 | pissenlit pour la couleur jaune | Le savais-tu ? Les plantes ont toutes les vertus, y compris celles de t'en faire voir de toutes les couleurs. Céline Delhaye
Depuis quand utilise-t-on les plantes pour teindre ? Depuis la plus haute antiquité et jusqu'au milieu du 19ème siècle, il n'existait pas de colorant de synthèse pour teinter les tissus. Les teinturiers ont utilisé les plantes jusqu'en 1856, date de la découverte du 1er colorant de synthèse (la mauvéine) par Sir William Henry Perkin. Est-ce que l'on peut teindre autre chose avec les plantes ? On a recourt aux plantes tinctoriales pour teindre les fibres textiles naturelles mais aussi le maquillage et l'alimentation. Tu as vu la couleur de ton chewing-gum ?  | Crocus pour la couleur safran (jaune /orangé vif) | Il est vert, et alors ? C'est grâce à la chlorophylle ! Elle n'est pas utilisée pour les textiles car elle n'est pas assez solide et la teinte risquerait de bouger. En revanche, elle sert à colorer les bonbons et autres denrées solubles. On l'appelle E140. Regarde tes papiers d'emballage ! Si ton bonbon est jaune, c'est grâce à la carotte (E160) ou au safran, curry, curcuma (E100). Est-ce que je peux faire des teintures avec les plantes de mon jardin ? Bien sûr, il existe des plantes simples avec lesquelles tu obtiens de belles teintes. Avec le pissenlit et la reine des prés tu auras du jaune, avec les pelures d'oignons de l'orangé. La couleur tilleul avec le tilleul, le gris mauve avec le coquelicot et le rouge prune avec des dahlias. Il te faut juste quelques outils et des mordants ! Des mordants ? Pour mordre qui ? Personne... Les mordants sont des composés que l'on ajoute à la teinture pour l'aider à s'accrocher ou « mordre » la fibre. On appelle ainsi cette opération le « mordançage ». Pour anecdote, au 17ème et 18ème siècle, les Turcs étaient très convoités pour la teinte superbe de leurs cotons rouges. La France finit par découvrir le secret : les étoffes étaient imbibées de graisse rance, d'urine et d'excréments avant d'être teintes ! Ce « mordançage » particulier assurait la solidité de la couleur.  | Fleur d'indigo pour le bleu | Et quelle plante donne du bleu ? Le bleu végétal est rare. Il vient notamment du pastel ou guède, une plante cultivée autour d'Albi et Toulouse au 16ème siècle. La forte production de pastel sous forme de coques ou coquagnes dans cette région a ainsi donné naissance au « pays de Cocagne ». Très long à fabriquer, ce colorant fut boudé au 17ème siècle au profit de l'indigo, venu d'Orient, plus facile à obtenir.
 | fleur d'indigo |
Et comment obtient-on le bleu ? C'est assez compliqué. Car le bleu contenu dans les feuilles de l'indigo ne tiennent pas sur les textiles car il est insoluble. Pour le rendre soluble, il est nécessaire d'avoir recours à un procédé chimique. Les teinturiers sont ainsi parvenus à supprimer l'oxygène et les sucres des colorants bleus. Les textiles sont plongés dans la solution jaune verdâtre obtenue. Eureka ! Lorsque les textiles sortent de la cuve et entrent en contact avec l'oxygène, la teinte bleue apparaît comme par magie !
 |  | Fleur de garance | Poudre de garance pour la couleur rouge |
Et si je veux un rouge vif ! Il te faut de la garance ! On la retrouve sur les chemins du midi de la France. En 1860, le Vaucluse produit à lui tout seul la moitié de la production mondiale de garance. Au début de la guerre 1914-1918, les pantalons des soldats étaient teints avec la garance, avant de virer au bleu, moins voyant !
A lire, « Teintures et couleurs naturelles » de Catherine Willis (Ed. Dessain et Tolra) et « De la garance au pastel » de Michel Garcia (Ed. Edisud Nature)
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