 | Edelweiss | A la différence des animaux, les plantes ne peuvent migrer pour échapper au froid. Elles se sont donc adaptées, notamment les plantes de montagne. Céline Delhaye La 1ère défense contre le froid sera d'entrer dans un sommeil et de vivre au ralenti. La plante limites ses besoins au minimum et survit. Mais pas seulement, les plantes ont d'autres protections anti-froid. Un duvet de poils Par exemple, certaines plantes, comme l'Edelweiss, développent un petit duvet de poils blancs. Non seulement ce dernier agit comme une polaire contre le froid mais il est aussi un très bon isolant contre la sécheresse des vents violents en montagne. Un coussinet bien chaud D'autres plantes ont choisi de se mettre en boule, exactement comme toi quand tu veux te protéger du froid. C'est l'exemple du silène sans tiges ou de l'androsace helvétique en forme de gros coussin. La forme ronde permet de réduire au minimum la surface exposée au froid et de réduire au maximum les pertes de chaleur. La chaleur et l'humidité sont ainsi maintenues au cœur de la plante qui se protège du froid et du vent qui dessèche. Un manteau neigeux Pour les plus sensibles, la neige est LE rempart indispensable contre le froid. La neige renferme une quantité d'air et forme un excellent isolant. Sous un manteau de 40 cm de neige, la température est de zéro degré même si la température extérieure est de -40°C. D'autres phénomènes plus particuliers sont à observer dès les 1ers signes de l'hiver (baisse de température, de la durée du jour). Des molécules dans les veines Certaines plantes succulentes, comme les joubarbes des montagnes ou les orpins à feuilles épaisses, gorgent leurs cellules d'eau très concentrée en molécules. Elles abaissent ainsi de quelques degrés leur point de congélation, exactement comme la mer gorgée de sel. Mais ce n'est pas la 1ère protection mise en place par les plantes. Lutter contre la cristallisation Certaines entrent en surfusion. C'est-à-dire qu'elles capables, grâce à un phénomène chimique encore inconnu, d'empêcher la formation de glace en modifiant leur composition. Elles fabriquent ainsi leur propre antigel, comme les poissons des eaux polaires. Conséquence, elles résistent à des températures (-10, -15°C) bien inférieur à leur point de congélation. Mort curieuse Curieusement, les plantes alpines les plus fragiles qui n'ont d'autres protections que la neige sont vulnérables en altitudes plus basses. Des expériences ont montré qu'elles ne résistaient pas toujours en plaine où les températures sont plus clémentes. Tout simplement parce que la neige n'est pas au rendez-vous dans les régions à faible altitude et ne peut jouer son rôle protecteur. A la 1ère grosse gelée, les plantes toutes nues ne survivent pas.  | Androsace Helvetique : photo S. Aubert | Gare au réchauffement climatique ! Avec les températures en hausse, la neige sera-t-elle plus rare en montagne ? Le manteau protecteur pourrait manquer à certaines plantes. Même les plus costauds, comme l'androsace helvétique, couverte de poils et en forme de boule, qui poussent sur des rochers à plus de 2500m est menacée. Où ira-t-elle si, comme toutes les autres plantes, elle doit grimper plus haut pour retrouver la fraîcheur dont elle a besoin pour vivre ? Les endroits à plus de 3000m en France sont rares... Avec la participation de Serge Aubert, directeur du jardin botanique alpin du Col du Lautaret et Jean-Marc Fourvel, jardinier botaniste et intervenant des JDF du Puy-de-Dôme. DES CHAMPIONNES DE RESISTANCE AU FROID (2400-3000m) L'alchémille, l'aster, l'épilobe, l'equisetum, l'eupatoire chanvrine, la reine des prés, quelques géraniums vivaces, l'iris de Sibérie, la pétasite, la brunelle, la pulmonaire, certaines véroniques, les androsaces, la renoncule des glaciers (à plus de 4000m dans les Alpes). |
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