2008, l'année de la pomme de terre. Le sera-t-elle pour les jardiniers encore amères de leur récolte 2007 : beaucoup de mildiou et peu de pommes de terre.
Emmanuel Bastière, de Lussac-les-Châteaux (Vienne) intervenant des JDF « Quand le mildiou est là, la variété ne peut rien » « 2007 a été très mauvaise. C'était une année à 13 lunes ; des années de rien, comme disent les anciens. Toutes les feuilles ont été attaquées par le mildiou. Environ 1/3 de la récolte était perdue. J'ai des voisins qui n'ont rien eu. J'avais planté en avril et en bonne lune de nouveaux plants, et j'avais commencé les traitements mensuel de bouillie bordelaise et de soufre dès mai. On a malheureusement eu un temps trop humide, des nuits fraîches et quasiment pas de chaleur. Tous les facteurs étaient réunis pour que le mildiou s'installe. J'avais planté ‘Bintje', ‘Bernadette', ‘Rosabelle', ‘Agata', et ‘Elodie' mais toutes ont été touchées, avec un petit bémol pour Bernadette ; quand le mildiou est bien là, la variété ne peut pas grand-chose ! Dans la terre sableuse, on limite un peu les dégâts mais pas dans la terre argileuse gorgée d'humidité. Mi-juillet, on a coupé les fanes pour freiner la maladie et récolté en août. L'année 2008 s'annonce tout aussi mauvaise : encore 13 lunes ! Mais ça ne m'empêchera pas de refaire la même chose. Qui ne plante rien, n'a rien ! » Jacky Liset, du Bec Thomas (Eure), intervenant des Jardiniers de France « La réussite dépend de sa terre » « Chaque année, je plante 300 pieds. Je n'avais jamais été confronté à une telle déferlante d'eau l'année dernière. J'ai perdu 1/3 de ma récolte à cause du mildiou et j'estime m'en être bien sorti. ‘Kerpondy', ‘Carrera', ‘Nicolas', ‘Samba' ont été touchées. J'ai freiné la maladie en coupant le feuillage début août. La croissance s'est arrêtée. Début septembre, on a récolté des pommes de terre plus petites, mais c'était le seul moyen d'assurer un minimum de récolte. Cette année, ce n'est pas le goût mais la résistance qui va dicter mon choix de variétés. Je vais essayer ‘Rose de France' une nouvelle pomme de terre très résistante et abandonner ‘Samba' et ‘Nicolas', trop sensibles au mildiou. La réussite dépend aussi beaucoup de la terre. J'ai la chance d'avoir une bonne terre argilo-calcaire. Je la nourris correctement (paillage à base de broyage de branches à l'automne, tourteau de ricin en mars, passage de la grelinette) et aucun produit de traitement, même pas la bouillie bordelaise. Enfin, je ne récolte jamais de pommes de terre sur la même parcelle 2 années de suite ! Les personnes qui ont un doute sur leur terrain peuvent éventuellement faire en mars un traitement à base de sulfate de fer pour éliminer les spores de champignons ».
« Attention, précise Daniel Lys, directeur technique des JDF. Le sulfate de fer désinfecte mais, en cas de surdosage, peut détruire la vie microbienne du sol. Or, c'est cette vie microbienne qui digère les champignons présents dans la terre. Il est donc préférable de bien nourrir sa terre, faire tourner ses cultures, renforcer ses plants à l'aide de purins de prêles, d'ortie et de consoude et choisir les variétés les plus résistantes ».

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