Coups de lames, de dents, de fusil, de tempête, de parasites, de micro-organismes,... Impossible d'échapper à son agresseur. Céline Delhaye L'arbre, contrairement à l'animal, ne peut pas prendre la poudre d'escampette face à l'ennemi. Pourtant, de tous les organismes vivants, il bat les records de longévité grâce à un système de défense bien particulier. Il ne cicatrise pas comme l'animal, qui remplace les vieilles cellules endommagées par de toutes neuves ou toutes jeunes ! L'arbre isole les parties blessées pour empêcher le développement des micro-organismes et la propagation de l'infection. A l'attaque des envahisseurs ! Pour cela, l'arbre élabore un vrai plan de bataille. D'abord, il utilise des moyens chimiques : proche de la blessure, il sécrète des substances antimicrobiennes (les phénols) pour lutter contre l'infection. Puis, il déploie des moyens mécaniques : opération barrages pour mieux coincer les micro-organismes envahisseurs. Le premier consiste à boucher les vaisseaux, dans lesquels circule la sève verticalement (Ils sont susceptibles de véhiculer l'agresseur). Tous les moyens sont bons : bulles d'air, gonflement des cellules, dépôt... Protéger le cœur Les deuxième et troisième remparts existent déjà. Ils sont visibles sur une coupe de tronc : il s'agit des anneaux ou cercles concentriques qui empêchent l'ennemi d'atteindre le cœur, et des rayons ligneux qui empêchent une diffusion latérale dans le tronc. L'arme fatale : un mur isolant Enfin, l'arme ultime : le cambium, une mince couche située juste sous l'écorce. Il fabrique au dessus de la blessure un mur de cellules infranchissables par les bactéries et champignons. En effet, ces cellules sont couvertes d'un acide gras imperméable, la « subérine ». Ainsi, ce quatrième rempart isole la blessure le temps que du nouveau bois sain la recouvre : un nouveau cercle concentrique (appelé cerne annuel) sera visible l'année suivante. La mort du combattant La victoire appartient au combattant qui dispose de suffisamment d'énergie pour mettre en place tous ses systèmes de défense. Malheureusement, quand la partie malade de l'arbre devient plus importante que la partie saine, l'arbre ne parvient plus à lutter et meurt... Gare à la taille ! A la base de chaque branche, il existe un renflement appelé bourrelé axillaire. Ce dernier renferme des défenses chimiques. Lorsqu'un adulte taille la branche, veille à ce qu'il ne sectionne jamais ce bourrelet. Sinon, tu prives l'arbre d'un moyen de défense et tu ouvres la porte aux micro-organismes. A lire : le hors série, Pour la science, De la graine à la plante, La « cicatrisation des arbres » par Alex Shigo, directeur de recherche à la Station expérimentale forestière du Ministère américain de l'agriculture, Durham. 
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