Chaque jardinier a ses astuces pour venir à bout de ses problèmes. On connaît tous le fil de cuivre dans la tige de la tomate pour se protéger du mildiou. Peut-on cependant se fier à ces pratiques incongrues ? Pour en témoigner, nous avons ciblé la maladie de la cloque du pêcher, propice à toutes sortes de remèdes incroyables : coquilles d'œufs suspendues, vaccin à l'ail, morceaux de zinc enterré au pied de l'arbre. Quelles solutions naturelles luttent réellement contre ce champignon particulièrement résistant ? Voici quelques exemple de pratiques, des plus extravagantes aux alternatives possibles ». 1. Raymond Aupy correspondant des Jardiniers de France à Saint Germain de Montbron (Charente) « Des coquilles d'œuf dans l'arbre » « J'ai un truc efficace que j'utilise chaque année sur mes pêchers : je suspends aux branches des coquilles d'œufs dans un filet de fruits, dès que les feuilles apparaissent et jusqu'à la maturité du fruit. Avec ce système, je n'ai pas de cloque du pêcher. C'est une méthode très courante dans ma région ». PNJ : Des jardiniers nous ont aussi fait part d'autres astuces pour lutter contre la maladie, comme planter des capucines ou des morceaux de zinc autour de l'arbre. Nous ne sommes pas parvenus à savoir en quoi cela pouvait empêcher la cloque. Les jardiniers qui pratiquent ces méthodes n'ont pu l'expliquer. Ces pratiques sont souvent issues de vieilles coutumes qui durent... Est-ce là le signe de leur efficacité ? Qui a la solution ? 2. Robert Maurice, lecteur à Varades (Loire-Atlantique) « Je vaccine mon pêcher à l'ail » « J'ai entendu parler de l'ail, comme d'un fongicide. J'ai d'abord essayé des décoctions d'ail pulvérisées au printemps avant le débourrement ; pas vraiment concluant. Je me suis dit que peut-être, sous forme d'un vaccin, je parviendrais à un résultat. J'ai tenté le coup ; je n'avais rien à perdre, mon arbre était tout le temps malade. Avec une seringue, j'ai appliqué sous l'écorce le jus d'ail pressé. Tous les 4cm, autour du tronc, j'ai fait cette piqûre. Je suis encore au stade de l'expérimentation, mais après 3 ans, je constate quand même une amélioration. Mon arbre semble moins attaqué. Je me demande en revanche, s'il n'y a pas une modification du goût ? Il est trop tôt pour tirer des conclusions de cette méthodes ». PNJ : L'ail, réputé être un fongicide est aussi planté autour de l'arbre. Pour certains, l'opération s'est révélée efficace pour d'autres non. 3. Marie-Thérèse Vincent, lectrice à Varces (Isères) « Argile, presle, bouillie bordelaise » « Mes pêchers prennent régulièrement la cloque ; lorsque la maladie est déclarée, il n'y a rien à faire. Une fois atteintes, les feuilles infestées tombent, les quelques fruits contaminés aussi ; mais de nouvelles feuilles réapparaissent et je récolte chaque année mes 3 à 4 seaux de pêches. Néanmoins, j'agis en prévention pour renforcer leurs défenses et je remarque qu'avec cette méthode, aucun de mes pêchers n'est mort de la cloque. A l'automne, j'applique au pinceau sur le tronc et les grosses branches une préparation épaisse : de l'argile verte diluée dans l'eau avec de la bouillie bordelaise et un peu de souffre. C'est un excellent fongicide. Au printemps, avant l'arrivée des bourgeons, je pulvérise sur toutes les ramures de la bouillie bordelaise mélangée à une décoction de presle. Enfin, j'évite de tailler sévèrement, car j'ai remarqué que les plaies sont des portes ouvertes aux spores de champignon. Je supprime seulement le bois sec ».

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