
Maladies des tomates : diagnostic et traitement
Taches, moisissures, flétrissement : identifiez chaque maladie des tomates, ses causes et son traitement curatif ou préventif grâce à ce guide complet.
Les tomates sont parmi les légumes les plus cultivés dans les potagers français, mais aussi parmi les plus sensibles aux maladies fongiques, bactériennes et virales. Chaque été, de nombreux jardiniers voient leurs plants dépérir sans toujours savoir pourquoi. Taches suspectes sur les feuilles, fruits pourris sur pied, tiges qui noircissent : chaque symptôme est un signal. Ce guide vous propose un diagnostic structuré par symptôme visible, une identification précise de chaque maladie fréquente, et des traitements curatifs et préventifs concrets et actionnables.
Diagnostiquer rapidement : lire les symptômes par zone
Avant de traiter, il faut identifier. Le tableau ci-dessous regroupe les principales maladies des tomates selon la zone touchée en premier, pour orienter votre diagnostic en quelques secondes.
| Zone touchée | Symptôme principal | Maladie probable |
|---|---|---|
| Feuilles basses | Taches huileuses jaune-vert + duvet gris | Mildiou |
| Feuilles basses | Taches concentriques brunes + anneau jaune | Alternariose |
| Feuilles (face supérieure) | Taches jaunes, duvet brun-olivâtre dessous | Cladosporiose |
| Feuilles (toute la plante) | Jaunissement + mosaïque verte irrégulière | Virus mosaïque |
| Tiges + feuilles | Moisissure grise et poudreuse | Botrytis (pourriture grise) |
| Racines + tige | Jaunissement unilatéral, tige brune à la coupe | Fusariose |
| Fruits | Tache noirâtre au calice, chair creuse | Pourriture apicale (carence Ca) |
| Fruits | Moisissure grise dès la serre | Botrytis |
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Les grandes maladies fongiques des tomates
Mildiou (Phytophthora infestans)
Symptômes : taches huileuses vert-jaunâtre apparaissent d'abord sur les feuilles du bas, avec un feutrage blanc-grisâtre sur la face inférieure. Les tiges présentent des lésions brun-noirâtres. Les fruits se couvrent de taches brunes à chair ferme, non molles.
Facteurs favorisants : température entre 15 et 20 °C, humidité > 90 %, feuillage mouillé plus de 10 heures consécutives. Il se propage par les spores transportées par le vent et la pluie.
Traitement curatif : dès les premiers symptômes, supprimez les organes atteints et traitez avec de la bouillie bordelaise (5 à 10 g/L d'eau) ou un fongicide cuivrique homologué, en pulvérisation sur toutes les faces des feuilles. Renouvelez tous les 8-10 jours par temps humide.
Produit à rechercher : Bouillie bordelaise en poudre mouillable, conditionnée en sachets de 100 g à 1 kg — disponible en jardinerie ou en ligne, comptez 5 à 15 € selon le grammage.
Prévention : espacez les plants de 70-80 cm, arrosez au pied sans mouiller le feuillage, effeuillez la base jusqu'à 30-40 cm du sol, et choisissez des variétés tolérantes (Ph-2, Ph-3).
Alternariose (Alternaria solani)
Symptômes : taches circulaires brunes à anneaux concentriques (aspect « cible »), entourées d'un halo jaune, sur les feuilles âgées en premier. Les lésions évoluent vers le dessèchement et la chute prématurée des feuilles, affaiblissant le plant durablement.
Facteurs favorisants : chaleur (24-29 °C) combinée à des périodes d'humidité courtes mais répétées, plants stressés ou sous-fertilisés.
Traitement curatif : supprimez les feuilles atteintes (ne pas les composter), traitez avec du soufre mouillable (2-3 g/L) ou de la bouillie bordelaise. D'après les fiches techniques et les retours d'utilisateurs, deux applications à 7-10 jours d'intervalle suffisent à stopper l'évolution sur plants légèrement touchés.
Produit à rechercher : Soufre mouillable bio — 8 à 20 € selon le conditionnement, disponible en jardinerie ou en ligne.
Prévention : rotation des cultures sur 3 ans minimum, apport équilibré en azote et potassium, paillage du sol pour limiter les éclaboussures de terre.
Botrytis ou pourriture grise (Botrytis cinerea)
Symptômes : moisissure grise et poudreuse qui colonise les feuilles, les tiges (notamment aux cicatrices de taille), les fleurs et les fruits. Les tissus atteints brunissent puis pourrissent. Très fréquent en serre ou sous tunnel, par temps froid et humide.
Facteurs favorisants : air stagnant, humidité > 85 %, blessures mal cicatrisées, débris végétaux laissés au sol.
Traitement curatif : éliminez immédiatement les parties atteintes en sac hermétique. Aérez au maximum la serre ou le tunnel. Traitez avec un fongicide à base de bicarbonate de potassium ou un produit cuivrique. Pour les serres, un thermomètre-hygromètre (12-30 €) est indispensable pour maintenir l'hygrométrie sous 80 %.
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Prévention : effeuillage régulier, suppression des fleurs fanées, ébourgeonnage soigneux sans laisser de moignons, ventilation permanente.
Cladosporiose (Fulvia fulva)
Symptômes : taches jaune pâle sur la face supérieure des feuilles, accompagnées d'un feutrage brun-olivâtre à verdâtre sur la face inférieure. Très fréquente en serre et sous tunnel.
Facteurs favorisants : température 20-25 °C, humidité élevée et mauvaise ventilation. Les variétés de plein champ y sont moins sensibles.
Traitement curatif et prévention : bouillie bordelaise ou fongicide cuivrique, ventilation maximale, et surtout le choix de variétés résistantes portant la mention Cf sur les catalogues semenciers.
La fusariose et les maladies vasculaires
Fusariose (Fusarium oxysporum f. sp. lycopersici)
Symptômes : jaunissement progressif d'une partie ou d'un côté du plant (flétrissement unilatéral), brunissement des vaisseaux conducteurs visible à la coupe transversale de la tige. Le plant dépérit lentement puis meurt.
Facteurs favorisants : sol chaud (> 25 °C), pH bas, blessures aux racines, sols appauvris.
Il n'existe pas de traitement curatif efficace. Dès la confirmation du diagnostic : arrachez et détruisez le plant atteint, ne le compostez pas. Désinfectez les outils. N'utilisez pas le même emplacement pour des solanacées pendant 4-5 ans. Choisissez des variétés avec la mention F (résistance à Fusarium race 1) ou FF (races 1 et 2) sur l'emballage.
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Maladies virales des tomates
Virus de la mosaïque de la tomate (ToMV) et du tabac (TMV)
Symptômes : mosaïque de zones vert clair et vert foncé sur les feuilles, feuilles gaufrées ou filiformes, croissance ralentie, fruits déformés ou peu nombreux.
Virus TYLCV (enroulement des feuilles transmis par les aleurodes)
Symptômes : enroulement vers le haut des folioles, jaunissement des bords, plant rabougri. Transmis par les aleurodes (mouches blanches).
Traitement : aucun traitement curatif possible sur plant infecté. Arrachez et détruisez. La priorité est de contrôler les vecteurs :
- Contre les pucerons (vecteurs du CMV) : savon noir dilué (20 mL/L), insecticide pyrèthre naturel.
- Contre les aleurodes : pièges jaunes englués, savon insecticide.
Produits à rechercher :
- Savon noir liquide concentré bio (500 mL) — 5 à 10 €, en jardinerie ou en ligne.
- Pièges jaunes englués pour aleurodes et pucerons — 6 à 15 € (lot de 10), en jardinerie ou en ligne.
Prévention : filets insect-proof (maille ≤ 0,8 mm) autour des cultures sous tunnel, choix de variétés portant la mention Ty (résistance TYLCV).
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Prévention globale : les bons gestes chaque saison
La meilleure stratégie contre les maladies des tomates est préventive. Voici les pratiques incontournables, conformes aux recommandations de l'INRAE et aux retours de jardiniers expérimentés :
1. Rotation des cultures : ne replantez jamais des solanacées (tomates, poivrons, aubergines, pommes de terre) au même emplacement avant 3 à 4 ans.
2. Choix variétal : privilégiez des variétés portant les codes de résistance V (verticillium), F (fusarium), N (nématodes), T (TMV). Les hybrides F1 offrent généralement plusieurs résistances cumulées.
3. Espacement et aération : minimum 60-70 cm entre les plants en plein air, 50 cm sous serre avec ventilation latérale ouverte dès 18 °C.
4. Arrosage au pied : arrosage au goutte-à-goutte ou en pied de plant, jamais par aspersion. Arrosez de préférence le matin pour que le sol absorbe avant la nuit.
5. Effeuillage systématique : supprimez les feuilles basses jusqu'à 30-40 cm du sol dès la mise en place, puis continuez l'effeuillage au fur et à mesure de la fructification.
6. Hygiène au jardin : ramassez et détruisez tous les débris végétaux en fin de saison. Désinfectez les tuteurs, serres et outils avec une solution de Javel diluée (5 %) ou d'alcool à 70 %.
7. Paillage du sol : un paillis de 5-8 cm (paille, BRF, tonte sèche) réduit les éclaboussures contaminantes et maintient l'humidité sans excès.
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Tableau récapitulatif des traitements
| Maladie | Traitement curatif principal | Homologué bio | Incurable |
|---|---|---|---|
| Mildiou | Bouillie bordelaise 5-10 g/L | Oui (cuivre) | Non |
| Alternariose | Soufre mouillable 2-3 g/L | Oui (soufre) | Non |
| Botrytis | Aération + cuivre ou bicarbonate de potassium | Oui (cuivre) | Non |
| Cladosporiose | Bouillie bordelaise | Oui (cuivre) | Non |
| Fusariose | Aucun — arrachage obligatoire | — | Oui |
| Virus (ToMV, TYLCV) | Aucun — contrôler les vecteurs | — | Oui |
Conclusion : agir vite, agir méthodiquement
Face aux maladies des tomates, la rapidité de diagnostic est décisive. Un mildiou détecté à J+1 se traite en deux applications de bouillie bordelaise ; le même mildiou ignoré 10 jours peut anéantir toute la récolte. Les maladies fongiques répondent bien aux traitements cupriques et soufrés homologués bio. Les maladies vasculaires et virales, elles, imposent l'arrachage sans hésiter et une stratégie de long terme : rotation, résistances variétales, contrôle des insectes vecteurs.
Si vos tomates connaissent des problèmes récurrents malgré vos soins, ou si l'ampleur des dégâts dépasse vos moyens d'action, faire appel à un professionnel peut éviter plusieurs saisons perdues.
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Questions fréquentes
Comment reconnaître le mildiou sur les tomates ?
Le mildiou se manifeste par des taches huileuses vert-jaune sur les feuilles, rapidement suivies d'un duvet blanc-grisâtre sous les feuilles et d'un brunissement nécrotique rapide. Les fruits présentent des taches brunes irrégulières à chair ferme. Il se développe par temps humide et frais (15-20 °C), souvent après une période de pluie prolongée.
Quel traitement bio pour les maladies des tomates ?
La bouillie bordelaise (cuivre) est le traitement bio de référence contre le mildiou et l'alternariose, applicable jusqu'à 6 kg de cuivre/ha/an. Le soufre mouillable combat l'oïdium. Le bicarbonate de soude (10 g/L + quelques gouttes de savon noir) offre une alternative préventive douce. Ces produits sont homologués agriculture biologique.
Pourquoi mes plants de tomates ont les feuilles qui jaunissent ?
Le jaunissement des feuilles peut signaler plusieurs maladies : mildiou (taches huileuses + duvet), cladosporiose (taches jaunes puis moisissure brun-olivâtre), fusariose (jaunissement progressif d'un côté du plant + tige brunâtre à la coupe), ou encore une carence en magnésium. L'observation conjointe des tiges, fruits et conditions climatiques permet d'affiner le diagnostic.
Comment éviter les maladies des tomates chaque année ?
La prévention repose sur quatre piliers : la rotation des cultures (ne pas replanter des solanacées au même endroit pendant 3-4 ans), le choix de variétés résistantes (codage VFFNT), l'arrosage au goutte-à-goutte au pied sans mouiller le feuillage, et l'effeuillage régulier des feuilles basses pour améliorer la circulation d'air entre les plants.





